Pitboard RC : Tony Masclet (Tony RC) lance l’appli qui fait vivre les clubs tout seuls
Sur sa chaîne YouTube Tony RC, on voit surtout des débriefs de course, des tests de matériel pas cher et pas mal de vintage. Tony Masclet filme la vie de son club, le RC Park, depuis plusieurs années. Un GP à Nantes avec du beau plateau en TT 1/10, une manche du championnat de France buggy à Desvres, un Hobbytech XMID à 170 € qu’il finit par emmener en 2ᵉ place sur 33 en finale. Un week-end entier passé à Göttingen pour l’Euro Masters, entouré de vieilles Kyosho et Associated. La FFVRC lui a même confié un test de pneus buggy 1/10 dans le cadre d’un appel d’offre. Bref, un type qui roule vraiment, pas juste un présentateur.
Et ce mois-ci, changement de casquette. Président du RC Park depuis plusieurs saisons, il sort son propre outil : Pitboard RC. Et il le propose à n’importe quel club qui veut s’en servir.

Le problème, tout bête
Rien de très original au départ. C’est le problème de tous les bureaux de club : la course du week-end passée, plus grand monde ne revient rouler en semaine. Pas d’enjeu, pas de classement à jour, pas de raison. Tony Masclet le dit lui-même sur la page de présentation : entre les sessions, le RC Park retombait à plat.
Sa solution a été de brancher le site du club directement sur le chronométrage SpeedHive déjà en place sur la piste. Rien de neuf là-dedans, la plupart des pistes équipées en boucle et transpondeurs s’en servent déjà pour leurs courses. Ce qui change, c’est que cette donnée, jusqu’ici juste bonne à établir un résultat le jour J, se met à vivre toute la semaine. Un pilote pose son transpondeur en essais libres, ses tours remontent tout seuls, et ça nourrit le classement, le championnat de saison et les records du tracé. Personne n’a besoin de ressaisir quoi que ce soit en rentrant chez lui le soir.
Ça tourne tout seul, en somme. Avant, ce boulot retombait presque toujours sur la même personne au bureau, celle qui recopiait les temps dans un tableur quand elle en avait le temps. Et elle n’en avait pas toujours. Le site vise les associations, pas les startups : gratuit pour démarrer, rien à acheter en plus du chronométrage déjà là, pas besoin d’un informaticien dans l’équipe.
Un classement qui ne dort jamais
C’est la partie la plus visible. Chaque semaine, Pitboard sort un classement à points inspiré du barème F1 à partir des meilleurs tours de chaque pilote, et fait tourner en parallèle un championnat sur toute la saison. Le record du tracé trône en haut de page, avec le nom du pilote et la date. Les catégories (1/10, 1/8, vintage…) restent séparées même quand tout le monde partage le même chronométrage — pas question de mélanger un stock 17,5T avec un mod dans le même tableau. Et le site met aussi en avant les pilotes les plus assidus de la semaine, pas seulement les plus rapides.
Il y a également un historique des semaines passées, et un palmarès des courses organisées séparé du classement des essais libres. D’un côté la perf du jour de course, de l’autre l’assiduité sur la durée. Et pour les soirs où personne n’a envie d’organiser quoi que ce soit de sérieux, il existe une formule « mini courses » : cinq minutes chrono entre copains, classement affiché en direct à l’écran.
Justement, ce classement peut tourner en direct sur un écran dans la salle du club, façon tableau d’aéroport. Le site s’installe aussi sur téléphone comme une appli, sans passer par un store. Petit détail qui compte pour les clubs avec des jeunes : les noms des mineurs sont masqués automatiquement.

Le garage de chacun
Chaque pilote peut aussi présenter sa voiture : châssis, moteur, variateur, pneus, et des photos si le cœur lui en dit. Sur sa propre fiche, Tony Masclet a mis en ligne plusieurs voitures assez différentes les unes des autres : un Xray XB2 et un XB4 pour la moquette, un Tamiya Avante, un Schumacher Cougar Classic, et un Kyosho Turbo Optima 87 vintage en TT 1/10 Vintage 4×4, moteur 13,5T, variateur Le Mans Gold. On comprend en deux clics le parcours d’un pilote sans avoir à deviner à travers ses seuls résultats de course.
Ça paraît accessoire, un garage. Mais ça fait circuler du monde entre les clubs : une voiture bien montrée, avec de bonnes photos, ça se partage tout seul. Les fiches se trient aussi par marque ou par châssis, ce qui transforme la page en une espèce de catalogue collectif. Pratique pour qui hésite entre deux voitures avant d’acheter et veut voir comment d’autres l’ont montée.

Les fiches de réglage, le vrai morceau
C’est là que le site a mis le plus de travail. Carrossage, pincement, hauteur de caisse, ressorts et huile d’amortisseur, différentiel, pignon et couronne : tout se règle directement sur des schémas qu’on manipule à la souris ou au doigt, pas sur un tableau austère à remplir. On peut comparer deux fiches côte à côte, valeur par valeur, plutôt que de jongler entre deux onglets. Et la fiche s’exporte ensuite en PDF propre, prête à filer à un copain de club sans retaper les chiffres.
Tony Masclet a publié la sienne pour l’Euro Oldschool 2026 à Gottinghem, sur astroturf à 22 °C. Carrossage -1,5° avant et arrière, hauteur de caisse 15 mm à l’avant et 13 à l’arrière, ressorts hard Kyosho, rapport final 4,05. Ça n’intéressera pas grand monde en dehors du cercle vintage, mais pour qui cherche un point de départ sur ce châssis précis, c’est exactement ce qu’il faut — et au passage, ça fait tomber le lecteur sur le club d’origine sans qu’il l’ait cherché.
Pour ceux qui débutent et qui ne savent pas encore ce que change un point de pincement, le site a aussi une page pour expliquer les réglages et un glossaire RC. Une fiche de réglage, ça ne sert à rien si on ne comprend pas ce qu’elle raconte.

Le reste : annonces, forum, calculateur
Le reste tient plus de la boîte à outils que de la vitrine. Petites annonces entre membres, avec un fil national en plus qui dépasse le cadre d’un seul club — pratique pour écouler un moteur qui ne trouve pas preneur sur place, ou dénicher une pièce introuvable chez soi. Un forum pour discuter. Une page d’actus RC pour suivre le milieu sans quitter le site du club.
Le calculateur de rapport, lui, est en libre accès, sans compte à créer, électrique ou thermique. En électrique, on entre pignon, couronne et diamètre de roue, et on récupère le développement au tour, le rapport final, la vitesse théorique et le régime roue. En thermique, le calcul part du régime moteur plutôt que du KV. Des préréglages par marque (Xray, Traxxas…) évitent de ressaisir des valeurs qu’on ne connaît jamais par cœur, et un mode inverse permet de partir d’une vitesse visée pour retomber directement sur le rapport à monter.

Déjà plusieurs clubs dedans
Le RC Park n’est plus seul à utiliser l’outil. Au total, le site revendique plus de 1,4 million de tours chronométrés cumulés, pour environ 2500 voitures suivies.
Gratuit pour démarrer, rien à installer côté club. Au lancement, Tony Masclet proposait la formule complète offerte six mois aux cinq premiers clubs partants, en échange d’un retour honnête et d’un badge « club fondateur » à garder ensuite. Les cinq places sont déjà prises à l’heure où ces lignes sont écrites, mais ça n’empêche pas d’aller se renseigner sur les autres formules quand même.
Un club qui hésite peut le contacter directement, sans se formaliser. C’est lui qui répond, depuis le club qui a servi de banc d’essai à tout l’outil.
Et sur le fond, rien de tout ça n’est réservé aux grosses structures. C’est même l’inverse : c’est le petit club associatif, tenu par deux ou trois bénévoles déjà bien occupés le week-end de course, qui a le moins de temps à donner à un tableur de classement. Que l’outil vienne d’un président de club qui a buté sur le même mur plutôt que d’un éditeur logiciel, ça n’est probablement pas pour rien.
Plus d’informations sur pitboardrc.com.
Source : Tony Masclet / Pitboard RC (pitboardrc.com)